Qui es-tu lorsque tu manges?
Je te pose cette question puisqu’elle a beaucoup plus d’importance que ce que tu ingères en tant que tel. Comme tu le sais peut-être déjà, j’ai la maladie de Crohn depuis plus de 20 ans et mon alimentation est rapidement devenue un volet important de mon hygiène de vie.
J’ai essayé, pendant des années, une panoplie de régimes, de façons de m’alimenter pour tenter d’apaiser l’inflammation qui habitait mon corps. Mais un jour, j’ai pris conscience de la posture que j’occupais lorsque j’essayais ce régime kéto, méditerranéen, hypotoxique, etc, j’étais en opposition avec mon corps. Ce n’était pas l’allié qu’il est aujourd’hui, mais cet ennemi qui m’empêchait de me nourrir comme je le souhaitais, qui me volait ma vivacité, ma minceur, ma fierté, ma sécurité, et plus encore, il était ce boulet que je devais traîner. Et il ne faisait rien pour que je m’en fasse un ami ! Il m’envoyait de la fatigue extrême, des prises de poids même si je n’augmentais pas ma consommation d’aliments et des symptômes inconfortables de toutes sortes.
Chaque bouchée portait une micro-tension.
Chaque repas se teintait d’une vigilance douce-amère, comme si mon système entier se préparait à devoir gérer quelque chose après coup.
Je croyais nourrir mon corps.
En réalité, je lui demandais de manger… en état d’alerte.
Et le corps répond toujours à l’état dans lequel on le rencontre.
Non pas pour nous nuire, mais TOUJOURS pour que l’on revise depuis où l’on choisit de respirer.
Ce qui a réellement tout changé physiquement pour moi ?
Lorsque j’ai commencé à supporter, à accompagner mon corps, plutôt que de m’alimenter depuis un espace qui souhaitait guérir, amincir, résorber, transformer.
La nuance est majeure : je reste ici avec lui.
C’est là que je peux l’entendre, m’entendre.
C’est là que je capte facilement sa guidance.
Et lorsque j’étais accablé de symptômes, d’un poids qui s’accumulaient, d’une fatigue extrême, il me parlait plus fort.
Il devait élever la voix pour que je capte enfin la mienne.
Et concrètement tous ces effets “indésirables” me pointaient à quel endroit je me jouais encore depuis un espace où j’aspirais à un futur meilleur.
Lorsque je mangeais pour apaiser mes futurs inflammations/symptômes.
Lorsque je mangeais en comptant mes calories pour éventuellement perdre du poids.
Lorsque je mangeais avec réticience en ayant peur de ses réactions et effets futurs.
Il m’invitait à me repositionner dans l’espace maintenant, où TOUT se reconfigure.
Par mes choix de perceptions.
Mes étiquettes apposées.
Mes définitions.
Et pendant longtemps, les aliments ont été classifiés dans ma tête en 2 catégories:
Ami ou ennemi.
Basé sur ce que j’avais entendu ou lu, mais jamais perçu, vibré, ressenti.
Bien entendu, ma guidance acquiesçait à plusieurs de ces verdicts, mais c’est lorsque c’est elle qui a commencé à apposer son sceau d’approbation que ma relation avec la nourriture a changé.
Je ne faisais plus des choix à partir de repères mentaux, mais en étant branchée sur ma guidance, mon instinct.
Qu’est-ce qui change, me direz-vous?
L’alliance.
Dans le premier choix, mon corps ne fait pas partie de l’équation. Dans le second, je sais que tout ce que j’ai besoin de savoir m’est à chaque instant donné et transmis par mon corps.
Je ne décide plus contre lui.
Je choisis à partir de lui.
Et dans cet espace, l’alimentation cesse d’être une stratégie de correction.
Elle redevient une réponse naturelle à la guidance vivante du corps.
Quand tu passes de la lutte à la coopération, le bruit intérieur diminue puisqu’il entendu, il n’est plus qu’un “indésirable” à enrayer.
Et dans cette vision, il est alors perçu que le corps communique en permanence lorsqu’il y a cette Présence à soi:
les signaux deviennent plus perceptibles
les oui et les non corporels sont plus faciles à ressentir
les ajustements alimentaires deviennent plus précis
Le corps n’a plus besoin d’“élever le volume” par des inconforts pour être entendu.
Et lorsque tu es dans cette union avec ton corps, que tu saisis que les inconforts/effets qu’ils produits sont des outils de réalignement plutôt que de simples effets nuisibles, tes comportements s’ajustent spontanément.
Beaucoup de personnes observent alors:
des envies alimentaires qui se raffinent
moins d’élans compulsifs
une attirance plus naturelle, un savoir instinctif vers ce qui soutient leur corps.
Non pas par discipline… Mais par résonance.
Et ces micro-choix répétés peuvent évidemment influencer: l’inflammation perçue, l’énergie, le poids.
Mais comme conséquence, comme effet secondaire de cet état intérieur, et non pas comme le résultat d’une lutte.
Récapitulons:
Quand tu manges avec peur, méfiance ou lutte envers ton corps, tu actives une définition du type:
“Mon corps est un problème à gérer.”
Cette définition devient une instruction vibratoire dominante.
La réalité physique, y compris le corps, tend alors à se synchroniser avec cette définition.
Ce qui peut se traduire par:
plus d’attention portée aux inconforts
une perception accrue des symptômes
une relation corporelle plus tendue et moins fluide
Le point clé ici:
Le corps reflète la relation que tu entretiens avec lui, il ne peut pas te “donner” autre chose.
Tandis que lorsque tu manges en cohérence, en confiance et en écoute réelle du corps, tu actives une définition différente:
“Mon corps est un partenaire intelligent.”
Et le corps tend alors à: communiquer plus clairement, fonctionner de façon plus fluide, s’orienter vers son équilibre naturel. En réponse à cette nouvelle définition, à cette nouvelle façon de le percevoir.
Puisque tu ne peux pas faire l’expérience d’un corps qui te soutient en conservant un regard envers lui où il te limite.
Et tous tes inconforts te conduisent toujours à te souvenir de ça:
Que ta réalité se déploie à partir de TES lois.
Ils se présentent pour que tu revisites les interprétations que tu as choisies d’instaurer sans saisir l’immensité de leur portée dans ta réalité.
Comme lorsque, pendant des années, cette phrase tournait en boucle:
“J’ai toujours eu de la difficulté à perdre du poids.”
Dit une fois, elle semble anodine.
Répétée, ressentie, crue… elle devient une loi personnelle.
Et le corps physique ne débat pas avec tes lois.
Il s’y plie.
Un autre exemple, tu choisis un aliment en pensant:
“Bon… je sais que ça, normalement, ça me fait gonfler.”
Tu viens déjà d’activer une attente vibratoire très spécifique.
Et souvent, l’expérience corporelle va s’aligner… non pas par fatalité, mais par cohérence.
Et tu remarqueras que depuis cette posture, tu n’es pas dans la conscience d’un corps/guidance, mais face à un corps incertain qui te soumet et t’impose des effets aléatoires auxquel tu devras te soumettre.
2 choix de perceptions qui changent complètement la qualité de ton expérience.
Imagine ce déplacement subtil.
Tu manges en restant attentive, oui…
mais sans installer d’emblée le verdict que ton corps est “fragile”, instable ou “problématique”.
La définition devient plutôt:
“Mon corps me signale ce qui lui convient.”
“Je peux ajuster en cours de route.”
“Il me guide même par l’inconfort de mon poids et de mes symptômes.”
Ce simple glissement change la qualité de l’information envoyée au système. Et alors, la lecture du corps devient plus fine certaines réactions deviennent moins fréquentes ou moins intenses, le poids peut aussi se relâcher.
Non pas parce qu’on a forcé le corps…
Mais parce que le cadre dans lequel il opère est devenu plus cohérent et moins chargé d’anticipation.
Souviens-toi:
Le corps n’essaie pas de te compliquer la vie.
Il répond à la définition active que tu tiens sur lui… ici et maintenant.
Et chaque repas devient une occasion douce de mettre cette définition à jour.
Tes lois personnelles ne sont pas gravées dans la pierre.
Elles se mettent constamment à jour.
Chaque fois que tu observes autrement.
Chaque fois que tu choisis une définition plus ouverte.
Chaque fois que tu permets à ton corps de te surprendre au lieu de lui demander de confirmer le passé.
C’est là… ranquillement… que ta réalité commence à se réorganiser.
À suivre...
À bientôt,
Catherine xx